Les Dévots

Le jeudi 5 avril à 8 h 30 au restaurant PACINI de Place Quatre-Bourgeois, Gérard VIAUD nous parlera des Dévots, groupe catholique de pression qui avait pour buts les soins des nécessiteux, l’éducation des pauvres et le combat des hérétiques.

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En résumé...

Une quinzaine de membres ont assisté à la prestation de Gérard traitant des Dévots. Son implication dans la formation des femmes, qui personnifient Les filles du roi, l’a amené à clarifier les tendances de la pratique religieuse du début du XVIe siècle en Nouvelle-France. Souvent les historiens parlent des pratiques religieuses du XVIIIe siècle pratiques instaurées par Mgr de St-Vallier, le successeur de Mgr de Laval. Au début du XVIe siècle, en France, il y avait beaucoup de rituels : ne jamais dormir allongé à l’horizontale car c’est la position de la mort ; avoir une pensée pour le créateur avant de dormir ; aller communier fréquemment ; obligation de faire baptiser les enfants nouveau-nés ; le mariage était arrangé par des ententes familiales et le code vestimentaire des femmes (couvrir la gorge, les bras et les jambes jusqu’à la cheville). La communion et le baptême étaient plus difficiles à exercer en Nouvelle-France car les missionnaires devaient parcourir de grandes distances pour rencontrer les fidèles.

À partir de l’excommunication de Luther en 1521 jusqu’à la fin du concile de Trente en 1563, dont les effets ont commencé vers 1615, les croyances et la pratique religieuse ont été bouleversées. De 1562 à 1598, la France vivra plusieurs épisodes de la guerre des religions opposants les catholiques aux protestants ou huguenots. Après le Concile de Trente (1543-1563), plusieurs catholiques ont lancé des réformes : Saint François de Sales, Saint Vincent de Paul, Saint Jean Eudes, etc. Les Dévots s’inscrivent dans cette tendance. Ce sont des nobles, riches et idéalistes, désireux d’aider les malades, les vieillards et les pauvres en plus de lutter contre les Réformés. La création de l’Ermitage de Caen en 1649 et sa fusion avec La Compagnie du Saint-Sacrement sont le foyer d’un mouvement qui a comme objectif d’unir la vraie prière à l’accomplissement des devoirs chrétiens et à la pratique des bonnes œuvres.

Mgr de Laval quand il eut réglé la question du patrimoine familial s’est rendu à l’Ermitage afin suivre les conseils du fondateur, Jean de Bernières de Louvigny, en plus d’y jouer un rôle de confesseur, d’administrateur et de défenseur de communautés. Quand en 1658, il a été nommé vicaire apostolique de la Nouvelle France, ii était un prêtre entraîné à une vie de prière et d’action sociale en plus de connaître les questions de relations de l’Église avec l’État. Son éducation chez les Jésuites et sa formation à l’Ermitage avaient consolidé sa foi en Dieu mais aussi sa croyance que l’homme pouvait choisir de vivre le message de Jésus et de mener une vie bonne. Les tractations politiques ont permis qu’il ne soit pas sous l’autorité de l’évêque de Rouen qui voulait que l’Église de la Nouvelle-France soit sous sa tutelle mais, avec l’accord du roi, sous la juridiction du Pape avec les prérogatives d’un évêque.

En arrivant, il a éliminé des obstacles : pas de protestants ; fit publier dans tous le pays la lettre de Louis XIV qui interdisait à toute personne autre que Mgr de Laval de s’ingérer dans un rôle de juridiction ; octroya les régions aux différentes communautés religieuses déjà en place ; établit un tribunal ecclésiastique ; voulut avoir la place d’honneur selon les coutumes de France. Tous ces gestes entraînèrent de la pagaille avec le gouverneur, les commerçants et les gens de Montréal. Mgr de Laval s’en plaignit au roi et finalement il fût nommé évêque de la Nouvelle-France. Le roi en profita pour créer le conseil souverain, dont faisait partie l’évêque, afin de gérer la colonie à la place de la Compagnie des Cent Associés. La religion était inséparable du pouvoir civil.

Mgr de Laval ayant étudié chez les Jésuites, formé par l’Ermitage et assisté aux querelles entre les Jansénistes et les Jésuites depuis 1641, devait prôner une théologie qui laisse une place à la liberté humaine qui permet à la personne de choisir de mener une vie bonne et se rendre disponible à la grâce divine. De plus, à son arrivée à Québec, il y avait déjà 17 jésuites qui partageaient la même doctrine et peu de personnes capables de soutenir des thèses différentes sinon des politiciens ayant des affinités avec le mouvement janséniste.

En 1663, il obtint la création su Séminaire de Québec pour former des prêtres aptes à prêcher la Parole de Dieu et à gérer les paroisses qu.il voulait organiser. En effet 1688, il y avait 35 paroisses, et 102 prêtres (36 jésuites, 19 sulpiciens, 14 récollets et 33 séculiers).

En vieillissant Louis XIV, devenu plus vertueux, imposait des règles plus contraignantes. Après sa mort en 1715, pendant la régence, il y a eu une libération de l’observance des règles religieuses. Est-ce que ce mouvement s’est rendu en Nouvelle-France  ?

Merci Gérard !


Quelques photos !

 
 

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