Hommage à Pierre BÉRUBÉ

Pierre, professeur d’histoire au Cégep, était un spécialiste de l’histoire de la Russie. Il est décédé le 7 juillet 2018, à l'âge de 70 ans. Claude POULIN lui rend hommage dans le texte ci-dessous. Vous pouvez aussi télécharger le texte de Claude.

Intarissable !, voilà le mot qui me vient à l’esprit quand je pense à mon collègue, Pierre Bérubé, ce professeur d’Histoire dont on vient, trop tard, d’apprendre le décès. Il était en effet intarissable dans les moments où on parlait d’Histoire. Pierre était un des rares professeurs dans le réseau des cégeps aussi passionné par l’Histoire de la Russie. Il y consacra ses recherches non seulement pour son enseignement mais pour sa propre érudition.

Formé à l’ancienne, il accumulait les fiches de lectures d’abord pour la préparation de ses cours et en faire un recueil de textes, pour finalement publier un ouvrage à des fins didactiques. Il fit ainsi œuvre de pionnier, puisque de tels outils n’étaient pas sur le marché pour ce niveau de cours. Cette passion l’a amené à voyager dans ce pays et y rapporter des tonnes de photos et documents qui servaient à illustrer ses cours. Sa culture historique ne s’arrêtait pas là.

Pour élargir le choix des étudiants, Pierre a aussi conçu le contenu d’un cours sur l’Histoire de la Chine, autre sujet peu offert dans les programmes du réseau et sur lequel il a consacré autant de travail. Pierre était un bourreau de travail toujours acharné a enrichir et élargir son champ d’enseignement.

Étant son voisin de bureau, je peux témoigner que son rapport avec ses étudiants était du même ordre : attentif, respectueux et toujours largement disponible. Et ses classes pleines ! (même si ses cours étaient des cours optionnels).

Ce n’est pas tout ! Il faut aussi parler de Pierre le musicien : une douce voix qu’il accompagnait à la guitare lui a permis durant bien des années d’arrondir ses fins de mois en chantant dans les bars ou dans des fêtes. Un métier qui lui permettait d’exprimer dans un autre contexte sa grande sensibilité.

Enfin, bien qu’il fût plutôt discret au sujet de sa vie familiale, nous avons vite appris la naissance de ses deux enfants qu’il adorait. La naissance d’Alexandre, en mémoire du Tsar, fut célébrée en primeur dans notre département par la distribution de cigares.

Malheureusement, quand il a pris sa retraite, Pierre a rompu ses rapports avec ses collègues pour s’adonner à la culture et au bricolage sur sa vaste propriété de Saint-Augustin. Très tôt, il a été victime d’un cancer « du fumeur de pipe » qu’il avait toujours été. Cela aura contribué à son isolement. Aussi est-ce avec une grande tristesse que nous apprenons ces jours-ci que la maladie l’a emporté.

Hélas ! nous n’avons pas pu le saluer comme nous aurions aimé le faire. Au revoir quand même Pierre !

Claude POULIN
Janvier 2018